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Pratique psychanalytique... un psychanalyste à Metz en Moselle parle de sa pratique!
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Le Forum Psy de Metz     Conférence ROUDINESCO      
Evénements : La Campagne des Forums
http/forumpsy.org
FORUM DE METZ
Samedi 20 mars 2004, de 14h à 19h, 

 « CONTRE LES IMPOSTURES »

ForumPsy-Lorraine à Metz
Amphitheatre de l’IRTS–Metz, au Ban Saint-Martin, 41, avenue de la Liberté, 57063 Metz.
 
Mardi 8 octobre 2003 au soir, à l’Assemblée nationale, le député UMP, le docteur Bernard Accoyer, ORL de son état, lance en cavalier parlementaire, sans vraiment se rendre compte de l’impact, une bombe à retardement : un amendement qui portera son nom.
Enfant légitime surgit d’un accouchement tardif, effectué dans l’intimité de quelques sénateurs présents, cet amendement portera malgré tout le sceau de l’illégitimité dans ce qu’il nie tout respect des fondements de la démocratie. En effet, il a été conçu hors de toute concertation avec les organisations professionnelles concernées, avec les sociétés savantes ou écoles. Un enfant sans pair nous est né !
Les pairs en l’occurrence sont ceux concernés par cet amendement : en première ligne les psychothérapeutes, mais aussi les psychanalystes. En effet, le texte « adopté » réglemente l’usage du titre de psychothérapeute, mais aussi, via les rapports1 sur lesquels il s’appuie, la pratique de la psychothérapie. Et si le citoyen avisé se donne la peine d’aller y voir de plus près en lisant ces rapports, il s’aperçoit par exemple qu’il donne aux psychologues une place particulière, loin d’être celle qui correspond à son éthique, mais elle donne aussi au patient un statut particulier.
Ces rapports médicalisent le champ des psychothérapies. Le rapport Cléry-Melin crée la fonction d’un psychiatre, grand coordinateur et prescripteur de psychothérapie. C’est à lui que sera dévolu la tâche d’orienter chaque patient vers un psychothérapeute médecin ou psychologue inscrit au préalable sur une liste préfectorale. Vœu pieu de n’avoir « de psys : qu’ânes à liste » subjugués par la carotte des prescriptions de la sécurité — sociale évidemment !
Ce rapport distingue les bonnes et les mauvaises pratiques. Les bonnes pratiques étant celles qui se réfèrent aux neurosciences et que l’on peut évaluer. Ainsi sont validées les « psychothérapies » cognitivo-comportementalistes, qui étaient ou sont en usage dans les systèmes de santé les plus rationalisés.
La psychothérapie relationnelle, la psychanalyse sont évacuées de fait comme n’entrant pas dans le cadre des bonnes pratiques.
Ainsi, sous le couvert louable de protéger les patients des sectes ou de l’incompétence de psys mal formés, le patient n’aura pas d’autre choix que d’être sous la férule médicale et aux mains de spécialistes du comportement humain censé s’adapter à la demande sociale.
La médecine se propose de suturer la propre division d’un sujet qui dans sa plainte veut dire quelque chose de sa souffrance souvent articulé d’ailleurs au « malaise dans la civilisation ». La voie est donc ouverte qui fait taire la voix de l’inconscient.
Excommunié le psychothérapeute et le psychanalyste qui offrent à chacun la possibilité dans une relation singulière de venir déposer sa plainte.
Niée cette relation qui tient compte de la mise en jeu de l’inconscient dans le cadre d’un transfert.
Occultée cette mise en perspective du transfert — ouverture et fermeture de l’inconscient — de ses effets.
Ignoré que ce savoir de l’inconscient ne s’apprend pas sur les bancs d’une faculté de médecine ou de psychologie.
Or, pratiquer la psychothérapie ou la psychanalyse sans avoir été soi-même analysé et ce suffisamment, c’est cela même qui est l’imposture majeure.
L’Académie de médecine en déclarant d’office tout médecin (généraliste, ORL, stomatologue, etc.) ou tout psychologue psychothérapeute nie les fondements même de la psychothérapie relationnelle et de la psychanalyse et valide l’imposture.
Mais d’autres impostures sévissent maintenant dans divers champs : l’éducation, la recherche, pour ne citer que ceux-ci. Cette imposture c’est que le Maître économique devient le grand ordonnateur de toute pratique qu’il tend à codifier, mesurer, standardiser. Le résultat le plus désolant est la ségrégation, c’est-à-dire que le sujet avec sa particularité est laissé en rade. Si l’on veut créer les conditions idéales à l’émergence de l’intolérance, on ne saurait mieux faire. Si Dieu est mort, Mammon, lui, est bien un Mort-Vivant.

C’est pourquoi face à tous ces enjeux de société et pour lutter contre un amendement devenu maintenant l’amendement Mattéi, la Coordination psy qui regroupera à Metz notamment l’ECF, l’AFFOP, le SNPPsy, l’ACF-Est et par ordre alphabétiques : des psychanalystes, des psychiatres, des psychologues des psychothérapeutes invitent chaque citoyen à venir débattre avec eux des enjeux qui se profilent derrière toutes ces réglementations
 
Thierry Nusberger

1 - Notamment le rapport Cléry-Melin, en collaboration avec Viviane Kovess et Jean-Charles Pascal, intitulé « plan d’action pour le développement de la psychiatrie et la promotion de la santé mentale » et le rapport Pichot Allilaire de l’Académie nationale de Médecine.
  

 MELL : chanteuse messine que j'avais invité pour donner un rythme et une touche d'originalité a ponctué ce Forum avec son répertoire plein d'humour et de poèsie!

 

 

 


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