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Pratique psychanalytique... un psychanalyste à Metz en Moselle parle de sa pratique!
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 ANNEE 2010 
  

LE FORUM DU 7 FÉVRIER

 

 

L’évaluation est l’arme absolue avec laquelle : — on chasse la psychanalyse de l’Université — le concept biaisé de « santé mentale » s’impose à la psychiatrie — les administratifs prennent partout le pouvoir, au détriment des producteurs — le chiffre en vient à dominer tous les aspects de l’existence.

D’où provient l’évaluation ? Elle n’est pas issue des mathématiques. Elle n’a rien à voir avec la science. Elle est fille de la psychologie expérimentale, ancêtre du cognitivisme.

Le cognitivisme est la forme contemporaine exacerbée du discours du maître. Pour triompher, il lui faut marginaliser, asphyxier, désarticuler, le discours de l’analyste. Les termes du débat : cognitivisme ou psychanalyse.

C’est à ce défi que l’École de la Cause freudienne a répondu en soutenant l’entreprise des Forums, vaste front uni de la société civile pour arracher les serviteurs de l’État à l’hypnose où les plonge la conspiration cognitiviste.

Avant la fin du mois, paraîtra le numéro 10 de LNA-Le Nouvel Âne, dont le thème est : « Évaluer tue ». L’affiche du Forum sort demain de l’imprimerie, à 10 000 exemplaires.

Pour la première fois, ce Forum sera présidé de bout en bout par Bernard-Henri Lévy, qui met son éloquence et sa notoriété au service de cette grande cause. Parmi les orateurs : Jean-Claude Milner, Cynthia Fleury, Yves-Charles Zarka, Roland Gori, Agnès Aflalo.

Au moment où le décert d’application de l’amendement Accoyer est finalisé par le service du Premier ministre avant d’être avalisé par le gouvernement, le Forum du 7 février rappellera aux pouvoirs publics qu’ils ont à compter avec une opinion éclairée par nos Forums.


 
 
 ANNEE 2009 
 

Quelle tristesse, quel gâchis !

 

A propos de l'article de Cécile Prieur dans Le Monde - " Le président de la République engage l'hôpital psychiatrique dans un tournant sécuritaire"


Les mêmes qui ont saccagé la psychiatrie, au motif d’une sacro-sainte réalité économique, tous les tenants du libéralisme et du néo-libéralisme, ceux-là même, le président de la république en tête, qui préconisaient le  « moins d’état, moins de fonctionnaire », aujourd’hui, sans même se mordre les doigts pour leurs errements, préconisent des solutions draconiennes pour la psychiatrie. Comme si l’on pouvait à coup de millions d’euros  ( 30 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 40 millions pour la création de quatre unités pour malades difficiles ) régler un problème bien plus complexe.

Et surtout! surtout qu’on essaie de régler dans l’immédiat ce qu’une politique libérale, qu’elle fut de droite ou de gauche d’ailleurs, à créé : le démantèlement de la psychiatrie !

 

Il y a vingt ans il fallait résorber les déficits en supprimant des lits. Supprimer des lits ça voulait dire faire sortir le plus possible de malades dits « chroniques » : les psychotiques et les autistes. On a inventé pour cela, je m’en explique ailleurs sur ce site ( voir note1) , le concept de « handicapé mental » qui permettait de se débarrasser des autistes vieillissants pour les fourguer dans les secteurs médico-sociaux. Propos choquant : malheureusement cela correspond à une triste réalité

 

Qui s’en est ému à l’époque ? les politiques, les journalistes, le public ?

Quand certains professionnels dénonçaient ces pratiques ils se faisaient mettre rapidement à l’index. Personne, à l’époque parmi nos V.I.P  pour s’indigner et demander une loi qui protégerait ce public fragile. Pas d’Accoyer, ni bon penseur pour fustiger une pratique de charlatan. Mais d’ailleurs s’indigne-t-on de cela aujourd’hui ? Non, on veut juste se protéger des fous !

 Pourtant cette politique de l’entreprise dans l’hôpital a fait plus de ravages que quelques psychothérapeutes mal intentionnés ou mal formés.

Or ce démantèlement de la psychiatrie est bien plus ravageur et destructeur tant pour la vie de ces malades, des personnels qui y travaillent, que pour la société. Des jeunes schizophrènes errent dans les rues, quand ils ne se retrouvent pas en prison - puisque la pratique est de reconnaître responsables de leurs actes ces jeunes, abandonnés par la psychiatrie justement.

Sauf que la psychiatrie n’est pas La  Responsable!

 

Comment un service, ayant la charge de vingt quatre patients, avec en tout et pour tout une infirmière et deux aides soignantes en poste,  peut-il accompagner décemment ces patients ?  C’est pourtant ainsi qu’on a économisé des millions d’euros : en réduisant le personnel ( le coût salarial dans un hôpital représente en gros quatre vingt dix pour cent du budget ).

Et nous ne parlerons même pas de l’indigence du nombre des psychiatres !

 

Ce n’est pas en enfermant des patients schizophrènes ou paranoïaques que nous réglerons le problème. C’est en donnant à la psychiatrie ses lettres de noblesse : la possibilité d’une clinique - orientée par la question de la division du sujet - et d’un suivi conforme à une visée humaniste.

Thierry Nussberger

 

ARCHIVES :

 

Vice de forme quant à un tour de vis sur l'habilitation à visser sa plaque ? par T.nussberger

 

 

du 3 décembre 2008

Le président de la République engage l'hôpital psychiatrique dans un tournant sécuritaire

par Cécile Prieur

 

Tour de vis sécuritaire pour les hôpitaux psychiatriques : devant un parterre de médecins sidérés par la tonalité de son discours,Nicolas Sarkozy a annoncé, mardi 2 décembre, un "plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques" impliquant la multiplication des structures d'enfermement. Le président de la République, le premier à venir dans un tel lieu, s'exprimait au centre spécialisé d'Antony (Hauts-de-Seine).Il a également annoncé une réforme de l'hospitalisation sans consentement pour restreindre les possibilités de sortie des malades mentaux. "Mon propos n'est pas de dire que la seule solution est l'enfermement à vie (...), a affirmé M. Sarkozy. Mais l'espérance, parfois ténue, d'un retour à la vie normale ne peut primer sur la protection de nos concitoyens. Mettez-vous à ma place ! Je dois répondre à l'attente des familles et des victimes.""DISPOSITIF DE GÉOLOCALISATION"Trois semaines après le meurtre d'un jeune homme, le 12 novembre, commis par unmalade schizophrène échappé d'un hôpital de Grenoble, M. Sarkozy confirme sa volonté de durcir les conditions d'hospitalisation en psychiatrie. "J'ai été choqué par cette affaire, s'est-il exclamé. Voilà une personne éminemment dangereuse qui bénéficiait pourtant de deux sorties par semaine ! (...) Ces faits divers doivent nous interroger sur les lacunes qu'ils peuvent révéler dans le système d'organisation et de prise en charge. Surtout lorsque ces drames ne peuvent être imputés à la fatalité."Réclamant "plus de sécurité et de protection dans les hôpitaux psychiatriques", le chef de l'Etat a annoncé que 30 millions seront débloqués pour "mieux contrôler les entrées et les sorties des établissements et prévenir les fugues". Certains patients seront équipés d'un"dispositif de géo-localisation" qui, s'ils sortent du périmètre autorisé par le médecin, déclenchera l'alerte. Des unités fermées, équipées de portes et de systèmes de vidéosurveillance, seront installées dans chaque établissement qui le nécessite. Parailleurs, 200 chambres d'isolement seront aménagées pour les "patients qui peuvent avoir des accès de violence envers le personnel".M. Sarkozy a annoncé la création de quatre unités pour malades difficiles (UMD), de quarante lits chacune, pour un montant de 40 millions d'euros. Ces structures, qui accueillent les patients présentant un état dangereux majeur, s'ajouteront aux cinq UM déjà  existantes .Cette mesure était réclamée par les médecins, qui dénoncent une pénurie de moyens dans la prise en charge des malades dangereux. Le chef de l'Etat a aussi accédé à leur demande d'instauration de "soins ambulatoires sans consentement". L'idée est de permettre à des psychiatres de prendre en charge, en ville, des patients contraints juridiquement à suivre leur traitement.En revanche, les psychiatres sont opposés au durcissement de la loi du 27 juin 1990 qui régit les hospitalisations sans consentement. Le président veut "davantage encadrer" les sorties de patients, affirmant que "ces décisions ne doivent pas être prises à la légère". Alors qu'aujourd'hui le préfet décide de la sortie des malades en hospitalisation d'office après avis du psychiatre hospitalier, il le fera désormais après avis d'un "collège de trois soignants : le psychiatre qui suit le patient, le cadre infirmier qui connaît la personne etses habitudes, et un psychiatre qui ne suit pas le patient". M. Sarkozy a enfin confirmé son intention de constituer un fichier des patients hospitalisés d'office, pour que les informations soient échangées entre départements. A l'issue de ce discours, la stupéfaction se lisait sur le visage des praticiens. "J'ai eu honte de ne pas avoir dit : "Monsieur le président, c'est impossible !"", s'exclame Jean Furtos, chef de service à l'hôpital Vinatier à Lyon. La mine sombre, Angelo Poli, qui préside le syndicat des psychiatres d'exercice public, a jugé qu'il s'agit d'un "discours très inquiétant : cela n'a pas de sens, depuis vingt ans on abat les murs de l'hôpital et aujourd’hui on les reconstruit. C'est un total retour en arrière." Même indignation de Norbert Skurnik, président du Syndicat des psychiatres de secteur : "Le message global, qu'il faudrait se défendre contre les malades, est inacceptable, il renforce le stigmate de la folie. Le risque zéro ne peut exister en médecine. Il conduit à enfermer, non à soigner."


Jack Ralite ancien ministre, sénateur de Seine-Saint-Denis et Jean-Pierre Sueur ancien ministre, sénateur du Loiret.

Paru dans LIBERATION QUOTIDIEN du mardi 26 août 2008

Peut-on accepter que l’Etat vienne imposer, au sein des universités, une ligne et une doctrine officielles pour tout ce qui relève de la connaissance et de l’enseignement des «processus psychiques» ?

 



Jacques-Alain MILLER
COMMUNIQUÉ DU 11 JUILLET 2008
PÉTITION ALERTE ROUGE

"SAUVONS LA CLINIQUE"

Après m’avoir consulté à ce sujet, mon ami Roland Gori a pris l’initiative de rédiger et faire circuler la “Pétition Alerte Rouge”. C’est un appel général à s’unir contre le projet d’arrêté que j’ai critiqué dans ma tribune du Point la semaine dernière. J’ai signé cette pétition, et j’invite les adhérents et amis du Champ freudien à faire de même. L’heure n’est pas aux “petites différences”, mais au rassemblement.

Le texte incriminé vise à casser les reins au mouvement psychanalytique, en créant subrepticement une nouvelle profession de soi-disants “psychothérapeutes”, formés au rabais (et qui seront aussi employés au rabais) sur des bases exclusivement cognitivistes. Cette politique de ravalement et déqualification, déjà entrée en vigueur en Grande-Bretagne, fait courir au public des dangers manifestes; elle a conduit dans ce pays à la marginalisation des psychanalystes. La fuite qui m’a permis de connaître ce texte, et l’alerte donnée dans les médias, ont déjà permis de percer à jour le guet-apens, prémédité pour le mois d’août. Il s’agit maintenant de faire nombre.

Je prépare la sortie d’un numéro spécial de LNA pour cet été. Il sera aussitôt diffusé aux médias et à la classe politique, puis, au public dés le début septembre. Avant d’autres initiatives.

Jacques-Alain MILLER

PÉTITION ALERTE ROUGE

Non au cahier des charges
relatif à la formation en psychopathologie clinique pour l'usage du titre de psychothérapeute

A la suite de la publication du projet d’arrêté du cahier des charges relatif à la formation donnant lieu au titre de psychothérapeute (Cf. le site Sauvons la clinique), l’Assemblée générale de « Sauvons la clinique » réunie le 5 juillet 2008 a voté à l’unanimité (300 personnes), et appelle à voter, la pétition suivante :

- Non à une formation au rabais des psychothérapeutes qui menace l'intérêt des patients.

- Non à des théories du psychisme imposées par l'Etat.

- Nous demandons le retrait de cet arrêté et l'ouverture de nouvelles négociations

Le risque que cet arrêté soit promulgué au mois d’août est grand, c’est pourquoi nous vous appelons à signer cette pétition et la faire circuler au plus vite.

Tous unis contre cet arrêté scélérat
Signer la pétition

Voir les signataires




 

 

Propos recueillis par Cécile Prieur
Article paru dans l'édition du 04.05.08.

 

Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie
Norme psychiatrique en vue
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On parle de plus en plus de "santé mentale", de moins en moins de "psychiatrie". Où nous mènera, demain, cette tendance ?
Nous sommes entrés dans l'ère d'une psychiatrie postmoderne, qui veut allouer, sous le terme de "santé mentale", une dimension médicale et scientifique à la psychiatrie. Jusqu'à présent, cette discipline s'intéressait à la souffrance psychique des individus, avec le souci d'une description fine de leurs symptômes, au cas par cas. Depuis l'avènement du concept de santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement. Dès lors, il n'est plus besoin de s'interroger sur les conditions tragiques de l'existence, sur l'angoisse, la culpabilité, la honte ou la faute ; il suffit de prendre les choses au ras du comportement des individus et de tenter de les réadapter si besoin.

Psychiatres en baisse la France devrait compter 8 800 psychiatres à l'horizon 2025, soit 36 % de praticiens en moins par rapport à 2002.
Malades en hausse. Le taux de malades admis dans les services de santé mentale est passé de 99 pour 100 000 habitants en 1950 à 380 en 1978, puis à 430 en 1998. Les durées de séjour, elles, n'ont cessé de diminuer.

À lire. Exilés de l'intime, la médecine et la psychiatrie au service du nouvel ordre économique, de Roland Gori et Marie-José Del Volgo. Ed. Denoël, 2008, 344 p., 22 euros.
L'Empire des coachs, une nouvelle forme de contrôle social, de Roland Gori et Pierre Le Coz. Ed. Albin Michel, 2006, 200 p., 15 euros.

Quel a été l'opérateur de ce changement ?
Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual), sorte de catalogue et de recensement des troubles du comportement créé par la psychiatrie américaine. En multipliant les catégories psychiatriques (entre le DSM I et le DSM IV, soit entre les années 1950 et les années 1990, on est passé de 100 à 400 troubles du comportement), il a multiplié d'autant les possibilités de porter ces diagnostics. Aujourd'hui, on est tombé dans l'empire des "dys" : dysthymique, dysphorique, dysérectile, dysorthographique, dyslexique... Chaque individu est potentiellement porteur d'un trouble ou d'une dysfonction. Ce qui étend à l'infini le champ de la médicalisation de l'existence et la possibilité de surveillance sanitaire des comportements.

Comment cette conception de la psychiatrie a-t-elle pu s'imposer ?
Par sa prétention à la scientificité. La santé mentale ne s'est pas imposée à des sujets victimes, passifs, mais à des individus consentants. Depuis l'effacement des grandes idéologies, l'individu se concocte son propre guide normatif des conduites, qu'il va souvent chercher dans les sciences du vivant. Résultat, ce sont les "prophètes de laboratoires" qui nous disent comment se comporter pour bien se porter.

Quel sera le soin de demain, compte tenu de cette évolution ?
Je ne suis pas certain que les dispositifs de santé mentale aient le souci de soigner, et encore moins de guérir. Ils sont plutôt du côté d'un dépistage précoce et féroce des comportements anormaux, que l'on suit à la trace tout au long de la vie. Or, en s'éloignant du soin, la santé mentale utilise des indicateurs extrêmement hybrides. Ainsi de l'expertise collective de l'Inserm (2005) qui préconisait le dépistage systématique du "trouble des conduites" chez le très jeune enfant pour prévenir la délinquance : elle mélangeait des éléments médicaux, des signes de souffrance psychique, des indicateurs sociaux et économiques, voire politiques. On aboutit ni plus ni moins, sous couvert de science, à une véritable stigmatisation des populations les plus défavorisées. Ce qui en retour naturalise les inégalités sociales.

Le repérage fin des troubles ne permet-il pas au contraire de mieux soigner ?

Je crois qu'il permet en réalité d'étendre le filet de la surveillance des comportements, en liaison permanente avec l'industrie pharmacologique. La production de nouveaux diagnostics est devenue la grande affaire de la santé mentale. Voyez le concept de "troubles de l'adaptation" : il est suffisamment flou pour qu'on puisse l'attribuer à chaque personne en position de vulnérabilité. Quelqu'un qui est stressé au travail ou qui est angoissé par une maladie grave peut ainsi développer une "réponse émotionnelle perturbée", qui sera considérée comme trouble de l'adaptation. La réponse sera de lui administrer un traitement médicamenteux, accompagné d'une thérapie cognitivo-comportementale pour l'aider à retrouver une attitude adaptée. Ainsi, la "nouvelle" psychiatrie se moque éperdument de ce qu'est le sujet et de ce qu'il éprouve. Seul importe de savoir s'il est suffisamment capable de s'autogouverner, et d'intérioriser les normes sécuritaires qu'on exige de lui.

Quel sera, dans ce contexte, le rôle du psychiatre ou du psychologue ?
On peut craindre que l'on demande aux psys d'être davantage des coachs que des soignants. Depuis quelques années, on assiste à une multiplication hyperbolique de la figure du coach, devenu une sorte de super-entraîneur de l'intime, de manager de l'âme. Les dispositifs de rééducation et de sédation des conduites fabriquent un individu qui se conforme au modèle dominant de civilisation néolibérale : un homme neuro-économique, liquide, flexible, performant et futile.

Y aura-t-il encore une place pour la psychanalyse ?
Celle-ci est totalement à rebours de ces idéologies, en ce qu'elle fait l'éloge du tragique, de la perte, du conflit intérieur, d'un certain rapport à la mort et au désir. Elle peut donc disparaître en tant que pratique sociale. Mais je pense que ce qu'elle représente - une certaine philosophie du souci de soi, qui tend à construire un sujet éthique responsable - ne disparaîtra pas.

A cet égard, il est frappant de voir que la psychanalyse, désavouée par la santé mentale, est actuellement requise dans les services de médecine non psychiatrique. Tout se passe comme si les médecins, à l'inverse des nouveaux psychiatres, reconnaissaient qu'il y a une part hétérogène au médical, qui est que toute maladie est un drame dans l'existence, et qu'il faut aider le patient à traverser cette épreuve. De même, bien que la psychanalyse ne soit pas à la mode dans notre culture, la demande ne fait que croître dans les cabinets.

Propos recueillis par Cécile Prieur
Article paru dans l'édition du 04.05.08.
LE MONDE | 03.04.08

 



 

 

Des nouvelles mesures éloignées de la psychanalyse et de la psychiatrie

par Cécile Prieur

 

 Diversifier les prises en charge et "prendre du recul par rapport à l'approche psychiatrique et psychanalytique" de l'autisme : tel est l'objectif affiché du prochain plan autisme, qui sera annoncé par le gouvernement le 16 mai. Ce programme d'action, dont les grandes lignes ont été dévoilées au Monde, mercredi 2 avril, par Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la solidarité, devrait notamment inciter les directions départementales d'action sanitaire et sociale (Ddass) à financer l'ouverture de structures plus clairement éducatives : "Jusqu'ici, on avait une prise en charge qui n'était quasiment inspirée que par la psychiatrie, affirme Mme Létard. Nous souhaitons aujourd'hui qu'il y ait une plus grande diversité de l'offre dans l'intérêt des personnes autistes et de leurs familles."


Alors que les querelles de chapelle sont toujours vives dans le monde de l'autisme, le gouvernement a réuni, entre novembre 2007 et mars 2008, un comité national de suivi, dans lequel siègent toutes les sensibilités, des représentants de la psychopathologie aux adeptes des méthodes éducatives plus comportementalistes. "On était arrivé à un point de blocage, il fallait que chacun prenne conscience qu'il faut maintenant avancer", explique Mme Létard. A l'issue de ces réunions, le gouvernement a clairement pris l'option de favoriser l'expérimentation de structures éducatives : "Il n'y a pas de méthodes supérieures à d'autres et chaque expérience sera évaluée", affirme toutefois Mme Létard, qui souhaite parvenir "à un consensus sur un socle commun de connaissances et de bonnes pratiques".

En matière de capacité d'accueil, le gouvernement s'apprête à faire un effort "au moins aussi important" que pour le premier plan autisme (2005-2007), qui avait abouti à la création de 2 800 places spécifiquement dédiées. Le fonctionnement des vingt-cinq centres de ressource autisme, créés au niveau régional, sera amélioré : une consultation spécifique d'annonce du diagnostic avec présentation d'un parcours d'aide des familles sera rendue obligatoire.

Cécile Prieur
Article paru dans l'édition du 04.04.08.

 

"Il n'y a pas de méthodes supérieures à d'autres et chaque expérience sera évaluée", affirme toutefois Mme Létard, qui souhaite parvenir "à un consensus sur un socle commun de connaissances et de bonnes pratiques".

  Quand on sait que le plan d'actions pour le développement de la psychiatrie et la promotion de la santé mentale ( 2003 )  préconisait l'utilisation des bonnes pratiques selon les critères de qualité définis dans  le  rapport de l'INSERM sur l'évaluation des psychothérapies, on comprend qu'en fait de diversification nous avons plus affaire là à une diversion.

 Les enfants autistes bénéficieront donc de la diversité des prises en charges... comportementalistes.

Thierry Nussberger



3 mars 2008

Où l'on reparle des décrets d'application de la loi relative à l'usage du Titre de Psychothérapeute.

 

Prévus et discutés depuis presque trois ans,ils  n'étaient pas parus
Depuis quelques semaines, il semble à l'ordre du jour et à nouveau sans concertation avec les intéressés!

 

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