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Pratique psychanalytique... un psychanalyste à Metz en Moselle parle de sa pratique!
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Le Forum Psy de Metz     Conférence ROUDINESCO      
"L'inconscient, c'est la politique"
Jacques Lacan, le séminaire : La logique du fantasme. 10 Mai 1957
 
A supposer que le psychanalyste dans son cabinet a une position a-social, au sens privatif, parce que sa rencontre avec le patient place celle-ci dans une autre dimension que celle de la norme et de la référence sociale, il n'empêche que le psychanalyste reste une personne qui peut s'impliquer dans la marche du monde surtout quand celle-ci entame les valeurs humaines et contredit tout ce que même la praxis analytique enseigne.
 
C'est dans cet esprit que je désire m'impliquer et créer des espaces de rencontre autant avec les professionnels concernés qu'avec le public.
 

Voici quelques moments forts qui illustrent cette implication :

  • onglet  Le Forum psy de Metz que j'ai organisé avec l'aide de Bernarde LAURAIN, en lien avec la Coordination Psy et l'Ecole de la Cause Freudienne
  • onglet La conférence d'Elisabeth ROUDINESCO, qui, ayant aimablement répondu à mon invitation, a donné cette conférence à l'Université des lettres de Metz 

 

 

Et diverses propositions, telle celle que j'avais présentée ci-dessous et qu' Elisabeth ROUDINESCO était prête à soutenir à l'époque à la condition que les associations et organisations locales et régionales y souscrivent tant soit peu. Ce ne fut pas le cas, pours diverses raisons, tant liées au titre de celle-ci, à sa terminologie qu'à des enjeux de pouvoir. 

 

Ce fut donc  une

Proposition - inaboutie -  faite en 2005, aux associations et professionnels concernés, de création "d'Office Régionaux Psy" 

 

L’amendement Accoyer sur la réglementation de l’usage du titre de psychothérapeute voulait apporter une réponse simple à une question complexe.

Le raisonnement tautologique du problème repose sur la coïncidence, la parenté voire la communauté des praxis entre elles sans se soucier des différences. La question sectaire d’ailleurs soulevé par ce même amendement montre en quoi la parenté de la fonction psy avec le religieux permet toutes les extravagances. Le terme religieux peut être pris ici dans toutes ses acceptations.

L’amalgame de la praxis est authentifié par ce signifiant psy qui circule dans l’usage commun. Il y a une résistance à ce qu’un travail de différenciation s’effectue. La différenciation pouvant elle-même être vécue comme une mise de côté de l’un par rapport à l’autre, d’un élitisme ou d’un sectarisme. La différence pouvant engendré un système de valeur donc de caste. Cela pourrait rejoindre ce que Lacan repère comme engendrement de l’agressivité au stade du miroir. Se différencier engendre une agressivité primaire qui s’énoncerait comme un « c’est moi ou l’autre » sans pouvoir conjuguer, coordonner "moi et l’autre". En serait-on là en ce qui concerne le débat psy?

Parler de la différence entre un psychologue, un psychiatre, un psychanalyste et un psychothérapeute relèverait alors du tabou. Tabou que l’on pourrait peut-être alors repérer du côté du déni de la castration dans le meilleur des cas ! Nier la différence s’apparente à l’extrême facilité de la négation de la complexité pour une simplification et une résolution binaire des problèmes : c’est moi ou l’autre ! Logique opérante pour les ordinateurs. C’est au nom de cette opérativité que notre société technocratique préconise la binarité de l’évaluation promue pour toutes les pratiques.

Puisque donc pour être médecin ou psychologue il faut une formation universitaire montrant en quoi le diplômé s’est mis à l’épreuve du savoir et d’une formation de haut niveau pourquoi ne pas en exiger autant pour les psychothérapeutes et les psychanalystes? Ce qui est nier ici c’est la spécificité de la praxis du psychothérapeute et du psychanalyste ! Mais dire cela nous amène nous aussi à une simplification ! Cela voudrait dire qu’il n’y a qu’une seule et même praxis et qu’il n’y aurait pas de différence entre la psychothérapie et la psychanalyse ! Mais là aussi nous sommes réducteurs. Cela voudrait dire aussi qu’il n’y a qu’une forme de psychothérapie et qu’une forme de psychanalyse. Or les différentes Ecoles montrent bien qu’il y a justement des psychothérapies et des psychanalyses. Ces écoles défendant elle-même le narcissisme de la petite différence et de l’assurance d’être dans le vrai de la pratique. Et nous ne parlerons pas des courants œcuméniques gommant les différences, voire les antinomies de chaque pratique pour proposer une pratique « fourre-tout- des plus éclectiques, voire des plus démagogiques.

Alors faut-il aller au plus simple et résoudre le problème façon Accoyer ? Peut-on se donner le temps et travailler "à plusieurs" pour permettre l’émergence de la différence et sa reconnaissance afin que chacun y trouve sa place ? Y a-t-il une garantie possible pour le public ? Est-ce par un rapport de force sur le mode des politiques qu’on peut régler le problème ? En cherchant par exemple à avoir un grand nombre de psys référencé dans une école ou un syndicat. Le nombre étant considéré comme la valeur absolue et le déterminant d’une politique. Le nombre étant alors l’indicateur de l’orientation à prendre, même si celui-ci fait perdre le Nord !

Le problème posé par la psychothérapie (quand elle n’est pas comportementaliste par exemple) et la psychanalyse c’est qu’elles prennent en compte les notions de transfert et d’inconscient qui sont intimement liés. C’est dans cette relation de transfert que se déploie la question de la structure du sujet. Et c’est probablement à ce point nodal que certains font référence à la « bonne » connaissance nécessaire en psychopathologie pour exercer la psychothérapie. Or les questions du transfert et de l’inconscient surgissent dans l’intime d’une relation transférentielle à un psychanalyste ou à un psychothérapeute. Ce qui fait que depuis longtemps l’exercice de la psychanalyse et de la psychothérapie s’est trouvé lié à la problématique de la résolution du transfert et de ce qui fait désir pour un analysant ou un thérapisant d’occuper la place de l’analyste ou du thérapeute. Et dans cette relation spécifique il est important que le psychanalyste ou le psychothérapeute sache s’y repérer quant à ce qui se déploie de la structure du sujet pour trouver et garder le cap quant à la question de la direction de la cure. A la question de la psychopathologie nous opposons donc cette question de structure du sujet en lien avec la question du transfert et de l’inconscient. Cette question on le voit ne se résout ni sur les bancs de l’université ni par l’obtention d’un diplôme !



Avec ce signifiant « psy » que Jacques Alain Miller a entériné, nous sommes donc face à la complexité. Le législateur tente de réduire cette complexité à l’Unicité d’une bonne pratique couplée à une « sérieuse connaissance » en psychopathologie qui risque surtout de définir le bon usage des psychotropes et la prescription de T.C.C. dont l’efficacité aurait été « scientifiquement » démontrée par l’INSERM.
Contre cette volonté scientiste de réduire l’être humain à une machine qui lorsqu’elle dysfonctionne doit être réparée, rééduquée, re-normée, nous proposons aux psys qui ne s’y retrouvent pas de mettre au travail leurs différences pour proposer une autre voie.

Nous reprenons donc l’idée de JAM – celle de créer à la suite de la Coordination Psy – non pas uniquement un Office National Psy mais dans chaque région un Office Régional Psy qui serait représentatif des particularités de la province, un office qui ne boucherait pas l’horizon de la demande mais soutiendrait le « pas-tout ».

Les offices régionaux pourraient être ces lieux qui seraient en veille d’une non-fermeture sur soi, lieux d’échanges , de discussions concernant ce signifiant « psy », s’élaborer un champ de savoirs référés à la clinique, un travail épistémologique sur dans la logique d’ouverture des forum. Lieux où psychologues, psychiatres, psychanalystes, psychothérapeutes pourraient se rencontrer, parler de leurs cliniques et où pourraient les différentes pratiques, un lieu de propositions et d’information du public.


Il s'agit de proposer une première ligne de partage dans le traitement de la souffrance psychique :
-d'un côté ce qui porte à l'universel rationalisant et son cortège protocolaire.
-de l'autre la promotion de la singularité dans une "fraternité discrète" .
La démarche se veut de qualité dans le souci d’une éthique propre à la fonction de l’analyste ou du psychothérapeute et que nous avons commencé à explorer ci-dessus. La qualité et l’éthique est aussi de définir en quoi un psychothérapeute ou un psychanalyste s’est confronté à son désir, comment il s’est dégagé des supports imaginaires qui le pousserait à une identification à une figure du « psychanalyste ou du psychothérapeute » tout en démontrant sa capacité à une mise au travail de sa clinique . Comment il est capable de conceptualiser celle-ci, de la référer aux différentes théories. Comment il est en capacité de s’y repérer au niveau de la structure d’un sujet et par là même de conduire une cure?
C’est cela que nous avons à faire valoir auprès de ceux qui nous demande ce qui nous autorise à nous déclarer artisan exerçant la psychothérapie ou la psychanalyse.
Démarche éthique sans laquelle ces offices n'auraient aucun sens.
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Ces offices rassembleraient les associations, organisations et représentants de professionnels, des universitaires, des institutions concernés par la question et pourraient, au regard des pouvoirs publics, répondre de cette question « psy »au niveau régional en articulation avec l’Office National auquel il reviendrait de fédérer ces Offices régionaux et de répondre aux politiques nationales en la matière .

Pour l’instant si vous êtes intéressés nous pouvons envisager une première rencontre et commencer à imaginer les modalités de fonctionnement d’un tel organisme.